Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/16

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L’ÉDITEUR AUX LECTEURS.



« Les opinions changent avec l’âge (disait M. de Fontanes, pair de France, le 2 mars 1816) ; elles se modifient d’après les situations diverses où l’homme est placé. Tel a consumé sa jeunesse dans les orages des factions, qui devient sage à la fin de sa vie. La modération succède à la violence. Quel esprit est assez faux, quel cœur est assez pervers pour ne pas écouter, tôt ou tard, les leçons de l’expérience et du malheur ? » … La sagesse de ce langage, qui semble être celui de la raison, fut appréciée, à un très-petit nombre d’exceptions près, par tous ceux que l’âge et l’expérience ont éclairés sur le danger des innovations, des essais et des changemens subits en matière de religion et de politique ; mais il resta encore beaucoup de sourds et d’aveugles, et il est un grand nombre de gens qui, avides de nouveautés, ont besoin d’être entourés de flambeaux pour apercevoir enfin l’abîme où ils nous entraînent avec eux.