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1914-1916


Pardonne, je comprends ta douleur, inconnu !
Tu pourrais, à grands cris, pleurer l’enfant perdu,
Serrer tes poings, haïr la guerre et la maudire,
Et tu passes, stoïque et grave, et je t’admire
Pour cette sombre joie et pour cette fierté
Farouche que je lis dans ton œil irrité,
Ô père qui, sans pleurs, sur ta joue amaigrie,
As reçu le baiser sanglant de la Patrie.


15 août 1914.