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1914-1916

Leur pas sonne comme le pas des conquérants.
Admire-les. Salue au passage leurs rangs,
Toi qui restes, mêlant ton âme avec leurs âmes.
De ton ardeur éteinte ils sont les jeunes flammes,
Ceux-là qui vont mourir ou vaincre, avec orgueil !
Il est trop tard. Demeure à présent sur le seuil.
Mais au moins, que ta main sur cette page blanche
Inscrive les exploits de la grande revanche
En écoutant le bruit de gloire, à l’horizon,
Qui vient à nous avec la rumeur du canon,
Et que ton sang réponde en ta veine vieillie
À chaque battement du cœur de la Patrie !


Septembre 1914.