Page:Régnier - 1914-1916, poésies, 1918.djvu/49

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
43
1915


« Brûlé d’une ardente flamme,
Je rêvais d’un sort altier
Pour qu’un sourire de femme
S’ajoutât à mon laurier…

« Aujourd’hui, boueux, sordide,
L’orteil nu sur le caillou,
J’ai l’air, au vent qui me ride,
D’un mendiant ou d’un fou ;

« Vingt balles dans ma capote
Ont fait des trous ; son lambeau
Trop large autour de moi flotte,
Et j’ai maigri dans ma peau ;