Page:Régnier - 1914-1916, poésies, 1918.djvu/87

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1915

Soit que le sort cruel rudement nous disperse,
Troupeau errant sous la rafale et sous l’averse,
Ne nous plains pas, cher hôte, en nous tendant la main,
Car n’est-il pas pour toi un étranger divin
Celui qui, le front haut et les yeux pleins de flamme,
A quitté sa maison pour fuir un joug infâme
Et dont le fier genou n’a pas voulu ployer
Et qui, pauvre, exilé, sans pain et sans foyer,
Sent monter, de son cœur à sa face pâlie,
Ce même sang sacré que saigne la Patrie ? »


23 juillet 1915.