Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/104

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de ma main ouverte je l’ai pesé, je l’ai regardé longtemps et j’ai senti que ma main tremblait un peu.




Lorsqu’on a erré autour du temple, que le respect s’est familiarisé un peu avec lui, qu’on a contemplé le noble paysage d’Attique qui, de là, vous offre ses plaines, ses montagnes, la mer, et qui est tout mesure dans la beauté, sobriété dans la perfection ; quand les yeux ont quitté le Lycabète pour le golfe de Salamine, qu’on est tout pénétré de lumière et d’harmonie, il est doux de se retirer dans le petit musée qui se dissimule discrètement dans un coin du plateau rocheux de l’Acropole. Une humble maisonnette renferme quelques salles où rôde une fraîche odeur d’ombre et de vieilles pierres. Certes on y est intéressé, car comment ne le serait-on pas, par le sourire ironique des jeunes prêtresses d’Athéna qui vous y accueillent, debout en une roideur archaïque, et vous regardent de tout leur visage équivoque en leur dignité anguleuse ? Auprès d’elles on éprouve une sorte d’anxiété. Leur immobilité n’a rien de rassurant. Ne vont-elles pas faire soudain, de leurs mains allongées, quelque geste de malé-