Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/145

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Orient, d’un geste de janissaire, d’un geste d’émir. Dans un éclair j’ai évoqué à ce geste quelque coin de champ de bataille, quelque sombre drame de palais où, sur la dalle, dans une flaque de sang, gît un corps décapité...




La vedette nous a déposés au fond de la Corne d’Or, à l’échelle d’Eyoub. Certes, nous n’avons pas la prétention de pénétrer dans la Mosquée interdite, nous nous bornerons à l’apercevoir du dehors et nous voici marchant dans une longue rue bordée d’un long mur que dépassent des verdures et les ampoules rondes de petites coupoles qui sont probablement des turbés. De temps à autre nous croisons des femmes, toutes soigneusement voilées et enveloppées de l’ample étoffe qui fait d’elles des paquets ambulants, les uns noirs ou bruns, d’autres verts ou violets, presque tous de couleur sombre. Ces passantes vont presque toujours par groupes, groupes sans élégance et quelque peu fantomatiques, malgré l’ardente lumière de cette belle journée.

Nous arrivons ainsi à une place où s’agite une foule très animée. Il s’y tient un marché, marché de légumes et de fruits et aussi de boucherie. Des quartiers de viandes sai-