Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/185

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La dernière image que j’emporte de Brousse est celle d’une cigogne qui errait mélancoliquement sur ses longues pattes dans le jardin du Consul de France. L’air était doux, le soir tombait. Une fontaine murmurait doucement. Elle portait une inscription dont j’ai demandé le sens : « Il y a trois choses agréables, disait la sentence, trois choses plus agréables que toutes les autres : le tintement de l’or, le murmure de l’eau et le sourire des femmes. »




Nous avons repris la mer et, les Dardanelles passées, nous faisons une brève escale à l’île de Tenedos. Le petit port est dominé par une grosse tour de forteresse turque, mais quoiqu’elle ait l’honneur de figurer dans un vers de Virgile, Tenedos n’a rien de virgilien. Comme nous allions nous rembarquer un gros homme, coiffé d’un fez, s’est approché de nous, parlant un peu le français et proposant de nous vendre quelques médailles antiques. Nous l’avons suivi jusque chez lui. Il nous a fait entrer dans une pièce très propre et, d’un tiroir, il a extrait quelques médailles sans intérêt. Dans un coin de la pièce sa femme était assise. Elle avait dû être très belle et son visage vieilli gardait de la dignité et de la no-