Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/187

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comprennent pas les paroles. Nous les laissons à leur plaisir pour faire une promenade dans la campagne. Notre petite troupe est escortée de deux marins du yacht, le fusil en bandoulière, car le pays n’est pas sûr, paraît-il. Il est pourtant d’aspect bien pacifique dans la magnifique lumière de cette fin d’après-midi, avec son silence que trouble parfois le frémissement ailé d’un vol de cigognes. Par des chemins pierreux nous sommes arrivés jusqu’à un immense platane auprès duquel dans une auge de pierre coulait une eau limpide. Tenant son cheval par la bride, un cavalier faisait boire sa monture. L’homme était de haute taille et de mine assez farouche. Après un regard aux deux fusiliers qui nous accompagnaient, il se mit en selle et s’éloigna.




Ce cavalier, rencontré sous le grand platane d’Edredid, était de mauvais présage, car d’Aïvaly nous n’avons pas pu aller aux ruines de Pergame. Les voitures et l’escorte qui devaient nous y conduire ont manqué au rendez-vous et les routes étaient trop peu sûres pour pouvoir s’y hasarder sans protection contre les pillards qui infestent la contrée. Il a donc fallu nous résigner à rester sur le yacht, mais