Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/231

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


délivré, l’encloué tout sanglant est allé s’asseoir sur ses talons, tandis que les matelots se passaient le clou de mains en mains.

La séance était terminée. Alors ces énergumènes ont remballé leurs scorpions, leur brasero, leur tambourin, et la barque qui les avait amenés à bord les a emmenés sur l’eau noire et silencieuse, vers Alger illuminé au fond de la rade et d’où nous venaient, à travers l’air chaud, de molles senteurs de jasmin.




On ne saurait quitter Alger sans avoir, comme l’on dit, « un aperçu des femmes du pays ». Aussi nous a-t-on organisé une visite à l’une de ces dames. Nous avons longé la mosquée de la Pêcherie et nous nous sommes engagés dans un lacis d’étroites ruelles. Ce quartier du vieil Alger était presque désert à cette heure nocturne. Parfois, à travers un rideau, on apercevait les lumières d’un cabaret, de quelque bouge à matelots. La proximité du port imprégnait l’air de senteurs marines. Dans une de ces ruelles, notre guide qui répondait au nom de Hassan nous arrêta devant une porte qu’il heurta à grands coups. Cette porte était garnie de gros clous et de lourdes ferrures. La maison se trouvait au