Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/36

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En quittant Marseille, avant de remonter vers l’automne, je suis allé jusqu’à Aigues-Mortes et aux Saintes-Maries de la Mer. A travers la Camargue aux herbages coupés d’étangs, j’ai gagné la petite ville que domine son église à mine de forteresse. Par une sorte de chemin de ronde que dentèlent des créneaux on arrive au sommet du chœur où est conservée la châsse des Saintes, venues de l’Orient, la châsse qui contient les reliques des trois Maries. C’est à Marie de Magdala que va la pensée et c’est elle dont l’image amoureuse et pénitente émeut le cœur. L’église est déserte. Autour d’elle le bourg continue son humble vie provençale. Lentement la mer s’avance, ronge le rivage plat et sablonneux...

La mer qui s’avance vers les Saintes-Maries s’est au contraire éloignée d’Aigues-Mortes ; il faut maintenant aller la chercher jusqu’au Grau-du-Roi. Jadis port, Aigues-Mortes ne mire plus ses hautes murailles et ses tours carrées que dans les eaux stagnantes des étangs et des marais qui l’entourent. Son intacte ceinture de pierre l’étreint et lui donne une stature héroïque et chevaleresque. Aigues-Mortes rêve au temps où elle a vu mettre à la voile pour