Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/88

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à la ville. Elle est curieuse avec ses boutiques à la fois très italiennes et très anglaises. Ce qu’il y a à Malte de plus Maltais, ce sont les Maltaises. Elles portent encore la bizarre coiffure nommée « faldetta » qui leur enveloppe la tête comme d’une conque d’étoffe. C’est à travers ces rues que nous avons gagné l’étroite poterne par où l’on sort de La Valette.

Cette poterne s’ouvre dans les murailles qui, de ce côté, dominent un ravin profond. Aussitôt nous voici en pleine campagne. Le paysage est d’une assez sèche aridité. Au loin la mer étincelle sous le soleil. San Antonio où nous nous sommes arrêtés est un des villages de l’île. Il n’a guère d’autre intérêt que de contenir un assez beau jardin, planté dans un pli du terrain qui l’abrite des vents du large. D’étroits canaux en entretiennent la fraîcheur et les fleurs y poussent en abondance. Le dimanche on fait là de la musique et les habitants de La Valette s’y rendent en parties pour écouter le concert et pour se promener dans les allées. Aujourd’hui, il était à peu près désert. Le soir, de jeunes officiers de l’escadre anglaise sont venus dîner à bord. Ils sont charmants, mais manquent un peu de conversation. Je me suis intéressé avec politesse à leur terrain et à leurs poneys de polo. D’ailleurs, n’est-ce pas une bonne prépara-