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Page:Rabaut - Le vieux Cévenol, 1886.djvu/46

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CHAPITRE II.

situation de la mère d’ambroise.

À peine les troupes furent-elles sorties de la ville, que les protestants revinrent à leurs premiers sentiments. La moitié d’entre eux s’enfuit pour éviter les nouvelles peines dont ils étaient menacés ; plusieurs furent arrêtés aux frontières, condamnés à mort, ou à des prisons perpétuelles ; d’autres, connus pour avoir osé retourner à leurs erreurs, furent enlevés ; et dans l’espace de deux mois, cette petite ville, qui ci-devant était fort peuplée, fut réduite au tiers de ses habitants.

Cependant, la mère d’Ambroise, qui s’était cachée, revint chez elle avec ses enfants ; elle tâcha de sauver quelques débris de sa fortune, s’arrangea avec de nouveaux fermiers, parce que les siens avaient été ruinés ; acheta quelques meubles, ce qui n’était pas difficile, vu la multitude des fugitifs ; et, se tenant toujours renfermée chez elle, parvint à se soustraire quelque temps à la