Page:Rabelais - Pantagruel, ca 1530.djvu/53

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chose que la Pentecoste ne vient foys quelle ne me couste : mais hay avant, peu de pluye abat grand vent, entendu que le sergeant ne mist pas si haut le blanc a la butte, que le greffier ne sen leschast bas et roidde les doigtz empenez de iart, et nous voyons manifestement que chascun sen prent au nez, sinon quon regardast en perspective ocularement vers la cheminee a lendroit ou pend lenseigne du vin a quarante sangles, qui sont necessaires a vingt bas, a tout le moins qui ne vouldroit lascher loyseau devant que le decouvrir, car la memoire souvent se pert quand on se chausse au rebours sa dieu guard de mal Thibault mitaine. Alors dist Pantagruel. Tout beau mon amy, tout beau, parlez a traict et sans cholere. Ientends le cas, poursuyvez. Vrayement, dist le seigneur de Baisecul, cest bien ce que lon dit, quil faict bon adviser aulcunesfoys les gens, car ung homme advise en vault deux. Or monsieur ladicte bonne femme disant les gaudez et audinos, ne peult pas se couvrir dung revers faulx moniant sinon par bien soy bassiner anglicquement se couvrant dung sept de quarreaux et luy tirant ung estoc vollant, au plus pres du lieu ou lon vent les vieulx drapeaux, dont usent les painctres de Flandres, quand ilz veullent bien a droict ferrer les cigalles, et mesbahys bien fort comment le monde ne pont veu quil faict si beau couver. Icy voulut interpeller et dire quelque chose le seigneur de Humevesne, dont luy dist Pantagruel. Et ventre sainct Antoine, tappartient il de parler sans commandement ? Ie sue icy de ahan, pour entendre la procedure de vostre different, et tu me viens encore tabuster ? paix de par le diable paix, tu parleras ton sou, quand cestuy cy aura acheva. Poursuyvez,