Page:Rabelais marty-laveaux 01.djvu/144

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Comment certains gouverneurs de Picrochole, par conseil precipité,

le mirent au dernier peril.

CHAPITRE XXXIII

Les fouaces destroussées, comparurent davant Picrochole les duc de Menuail, comte Spadassin et capitaine Merdaille, et luy dirent :

«  Cyre, aujourd’huy nous vous rendons le plus heureux, le plus chevaleureux prince qui oncques feust depuis la mort de Alexandre Macedo.

— Couvrez, couvrez vous, dist Picrochole.

— Grand mercy (dirent ilz), Cyre, nous sommes à nostre debvoir. Le moyen est tel :

«  Vous laisserez icy quelque capitaine en garnison avec petite bande de gens pour garder la place, laquelle nous semble assez forte, tant par nature que par les rampars faictz à vostre invention. Vostre armée partirez en deux, comme trop mieulx l’entendez. L’une partie ira ruer sur ce Grandgousier et ses gens. Par icelle sera de prime abordée facilement desconfit. Là recouvrerez argent à tas, car le vilain en a du content ; vilain, disons nous, parce que un noble prince n’a jamais un sou. Thesaurizer est faict de vilain. —