Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/215

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Comment Pantagruel racompte vne estrange histoire des perplexitez du iugement humain.

Chapitre XLIIII.


Comme feut (dist Pantagruel) la controuerse debatue dauant Cn. Dolabella, proconsul en Asie. Le cas est tel. Vne femme en Smyrne de son premier mary eut vn enfant nommé Abecé. Le mary defunct, apres certain temps elle se remaria : & de son second mary eut vn filz nomme Effege. Aduint (comme vous sçauez que rare est l’affection des peratres, vitrices, nouerces, & meratres enuers les enfans des defuncts premiers peres & meres) que cestuy mary & son filz occultement, en trahison, de guet à pens, tuerent Abecé. La femme entendent la trahison & meschanseté ne voulut le forfaict rester impuny : & les feist mourir tous deux, vengeante la mort de son filz premier. Elle feut par la iustice apprehendée & menée dauant Cn. Dolabella. En sa præsence elle confessa le cas, sans rien dissimuler, seulement alleguoit que de droict & par raison elle les auoit occis. C’estoit l’estat du procés. Il trouua l’affaire tant ambigu, qu’il ne sçauoit en quelle partie incliner. Le crime de la