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le tiers livre.


ie pensé, de tout ce negoce : ie m’en deportoys sus vostre bonne volunté & paternel commendement. Plus tost prie Dieu estre à vos piedz veu roydde mort en vostre desplailir, que sans vostre plaisir estre veu vif marié. Ie n’ay iamais entendu que par loy aulcune, feusl sacre, feust prophane, & barbare, ayt esté en arbitre des enfans soy marier, non consentants voulens & promouens leurs peres, meres, & parens prochains. Tous Legislateurs ont es enfans ceste liberté tollue, es parens l’ont reseruée.

Filz trescher (dist Gargantua) ie vous en croy, & loue Dieu de ce que à vostre notice ne viennent que choses bonnes & louables, & que par les fenestres de vos sens rien n’est on domicile de vostre esprit entré fors liberal sçauoir. Car de mon temps a esté par le continent trouué pays on quel ne sçay quelz pastophores Taulpetiers, autant abhorrens de nopces, comme les pontifes de Cybele en Phrygie, si chappons feussent, & non galls pleins de salacité & lasciuie : les quelz ont dict loix es gens mariez sus le faict de mariage. Et ne sçay que plus doibue abhominer, ou la tyrannicque præsumption d’iceulx redoubtez Taulpetiers qui ne se contiennent dedans les treillis de leurs mysterieux temples, & se entremettent des negoces contraires par Diametre entier à leurs estatz : ou la superstitieuse stupidité des gens mariez, qui ont sanxi & presté obeissance à telles tant malignes & barbaricques loigs. Et ne voyent (ce que plus clair est que l’estoille Matute) comment telles sanxions connubiales toutes sont à l’aduentaige de leurs Mystes, nul au bien & profict des mariez. Qui est cause suffisante pour les rendre suspectes comme iniques & fraudulentes. Par reciprocque temerité pourroient ilz loigs establir à leurs Mystes