Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/397

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Comment par Pantagruel feut deffaict le monstrueux Physetère.

Chapitre XXXIIII.



Le Physetère entrant dedans les brayes & angles des naufz & Guallions, iectoit sur les premières à pleins tonneaulx, comme si feussent les Catadupes du Nil en Æthiopie. Dards, Dardelles, iavelotz, espieux, Corsecques, Partuisanes, voloient sus luy de tous coustez. Frère Ian ne se y espargnoit. Panurge mouroit de paour. L’artillerie tonnoit & fouldroyoit en Diable, & faisoit son debvoir de le pinser sans rire. Mais peu profitoit : car les gros boulletz de fer & de bronze entrans en sa peau sembloient fondre à les veoir de loing, comme font les tuilles au Soleil. Allors Pantagruel considerant l’occasion & necessité, desploye ses braz, & monstre ce qu’il sçavoit faire.

Vous dictez, & est escript, que le truant Commodus empereur de Rome, tant dextrement tiroit de l’arc, que de bien loing il passoit les flèches entre les doigts des ieunes enfans levans la main en l’air, sans aulcunement les ferir. Vous nous racontez aussi d’un archier Indian on temps que Alexandre le grand con-