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chapitre liii.


cassez, grislez, transonnez, crucifiez, bouillez, escarbouillez, escartelez, debezillez, dehinguandez, carbonnadez ces meschans Hæreticques Decretalifuges, Decretalides, pires que homicides, pires que parricides, Decretalictones du Diable. Vous aultres gens de bien si voulez estre dictz & reputez vrays Christians, ie vous supplie à ioinctes mains ne croire aultre chose, aultre chose ne penser, ne dire, ne entreprendre, ne faire, fors seulement ce que contiennent nos sacres Decretales, & leurs corollaires : ce beau Sixiesme, ces belles Clementines, ces belles Extravaguantes. O livres deificques. Ainsi serez en gloire, honneur, exaltation, richesses, dignitez, prelations en ce monde : de tous reverez, d’un chascun redoubtez, à tous preferez, sus tous esleuz & choisiz. Car il n’est soubs la chappe du ciel estat, du quel trouviez gens plus idoines à tout faire & manier, que ceulx qui par divine prescience & eterne predestination, adonnez se sont à l’estude des sainctes Decretales. Voulez vous choisir un preux Empereur, un bon capitaine, un digne chef & conducteur d’une armée en temps de guerre, qui bien sçaiche tous inconveniens prevoir, tous dangiers eviter, bien mener ses gens à l’assault & au combat en alaigresse, rien ne hazarder, touisours vaincre sans perte de ses soubdars, & bien user de la victoire ? Prenez moy un Decretiste. Non, non. Ie diz un Decretaliste. (O le gros Rat dist Epistemon.) Voulez vous en temps de paix trouver home apte & suffisant à bien gouverner l’estat d’une Republicque, d’un royaulme, d’un empire, d’une monarchie : entretenir l’Ecclise, la noblesse, le senat & le peuple en richesses, amitié, concorde, obeissance, vertus, honesteté ? Prenez moy un Decretaliste. Voulez vous trouver home, qui par vie