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LtTTRKS. DOCUMENTS.

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cifci Rabœlefi recognitione. Lugduni, S. Gryphius, 1543. In-i6.

Page 317 : Clarissimo doctissiisioqve viro d. gotofredo ab estissaco.

<( A TRES ILLUSTRE ET TRES DOCTE SEIGNEUR

GODEFROID d’eSTISSAC, ÉVÊ Q.U E DE MAILLEZAIS,

FRANÇOIS RABELAIS, MÉDECIN, SALUT.

« Très illustre prélat, lorsque l’an dernier, à Montpel- lier, j’expliquais publiquement, devant un nombreux auditoire les Aphorismes d’Hippocrate et ensuite l’Art médical de Galien, j’avais annoté quelques passages dans lesquels les interprètes ne me satisfaisaient pas tout à fait. Ayant conféré leurs traductions avec un manuscrit grec très ancien, écrit en lettres ioniques avec beaucoup d’élégance et de correction, que j’a- vais outre les textes qui circulent, je m’assurai qu’ils avaient omis beaucoup de choses, qu’ils en avaient ajouté d’étrangères et de défectueuses, qu’ils en avaient exprimé quelques unes trop faiblement, que bon nombre avaient été non pas tournées, mais, pour dire plus vrai, détournées de leur sens ; ce qui, si on le considère partout ailleurs comme une faute, est, dans les livres de médecine, un véritable crime. Dans ceux-ci un seul petit mot ou ajouté, ou retran- ché, bien plus un signe interverti ou tracé à contre- temps, a souvent livré à la mort beaucoup de milliers de gens. Je ne voudrais pas que vous crussiez que je dis cela pour critiquer des hommes qui ont bien mé- rité des lettres, car il convient de prononcer des paroles de bon augure ; en effet, je pense qu’on doit beaucoup à leurs travaux et je reconiiais en avoir largement pro- fité ; mais partout où ils sont tombés dans l’erreur, je crois que la faute doit être rejetée tout entière sur les livres déiigurés par les mêmes imperfections, qu’ils suivaient. Sébastien Gryphe, imprimeur d’une