Page:Rabier, Bringer, Caramel, histoire d'un singe, Boivin et Cie, 1927.djvu/10

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soleil était couché, il n’était pas rare de voir accourir tous les animaux de la forêt qui venaient assister aux exercices de Caramel.

Un vieux serpent boa lui servait de corde tendue entre deux palmiers, et Caramel se livrait alors aux fantaisies les plus drôles, pour la plus grande joie des éléphants, des autruches, des girafes, des rhinocéros, des hippopotames, des crocodiles et des lions qui riaient comme des fous.

Ainsi Caramel grandissait dans le désert.

Il avait déjà atteint sa troisième année, ce qui est l’âge de l’adolescence chez les singes, et le plus bel avenir s’ouvrait devant lui, car, à la mort de son vénérable père, il n’y avait aucun doute qu’il ne fût appelé à lui succéder sur le trône, quand, hélas ! un événement survint qui changea sa destinée.

Un jour que le pauvre Caramel s’était attardé dans la forêt pour aller cueillir des noix de coco dans une clairière où elles étaient, paraît-il, particulièrement savoureuses, il tomba dans un piège qu’un méchant nègre avait tendu. Le méchant nègre le vendit à un chasseur d’éléphants, qui lui-même en fit don à un matelot, lequel, l’ayant conduit en Europe, s’en défit au profit de master Cookson, directeur d’un grand cirque, ainsi que vous le savez tous.



Caramel tombant dans un trou