Page:Racan Tome I.djvu/376

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c’est estre sain, en temps contagieux, de n’avoir que la fièvre ou la migraine ; mais ce n’est pas l’estre assez pour mériter les louanges que vous me donnez, qui sont dittes, à mon avis, pour me faire voir, comme dans un miroir, tel que je devrois estre. Ce sera donc sur ce modelle que je tascheray à corriger mes deffauts. J’espère ce bonheur de vos bonnes prières ; pour le moins je suis bien asseuré que pendant que l’on sera empesché à chastier l’hérésie, la rébellion et les autres crimes qui pressent davantage que les miens, j’auray le loisir de m’amender et me rendre plus digne que je ne suis de l’honneur que vous me faittes de m’aymer3.


3. Dès la première fois que nous lûmes cette lettre, nous ne doutâmes guère qu’elle n’eût été adressée au Père Garasse. À défaut d’autres indications, les vers qu’on lit page 226 de ce volume, où Racan l’appelle le grand ornement de nos jours, eussent suffi pour nous conduire sur cette voie. Toutefois, nous balancions encore un peu à énoncer formellement notre conjecture, lorsque nous avons trouvé M. Taschereau déjà frappé de la même pensée. Cela ne pouvoit manquer d’ajouter à notre conviction, qui, du reste, est complétée par cette circonstance négative qu’ayant passé en revue tous les hommes quelque peu célèbres de la même époque qui s’occupoient de matières théologiques, il nous a semblé que, tout bien considéré, le P. Garasse étoit le seul à qui Racan pouvoit parler comme il le fait ici.