Page:Racine - Théâtre choisi, 1904, éd. Lanson.djvu/118

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Va lui jurer la foi que tu m’avois jurée,
Va profaner des Dieux la majesté sacrée.
Ces Dieux, ces justes Dieux n’auront pas oublié
Que les mêmes serments avec moi t’ont lié.
Porte aux pieds des autels ce cœur qui m’abandonne ;
Va, cours. Mais crains encor d’y trouver Hermione [1].



Scène VI

PYRRHUS, PHŒNIX.



PHŒNIX.

Seigneur, vous entendez. Gardez de négliger
Une amante en fureur qui cherche à se venger.
Elle n’est en ces lieux que trop bien appuyée :
La querelle des Grecs à la sienne est liée ;
Oreste l’aime encore ; et peut-être à ce prix…


PYRRHUS.

Andromaque m’attend. Phœnix, garde son fils.


FIN DU QUATRIÈME ACTE

  1. Le mouvement est indiqué dans la Médée d’Euripide (621-24) ; Médée dit â Jason :

    Χώρει· πόθῳ γὰρ τῆς νεοδμήτου ϰόρης
    αἱρεῖ, χρονίζων δωμάτων ἐξώπιος.
    Νύμφευ’ : ἴσως γὰρ, ξὺν θεῳ δ’ εἰρήσεται,
    γαμεῖς τοιοῦτον, ὥστε σ’ ἀρνεῖσθαι, γάμον.


    « Va : car tu t’ennuies loin de ta nouvelle épouse, tu regrettes de t’attarder hors de sa maison. Épouse-la : peut-être — un dieu ratifiera ma parole — tu feras un mariage que tu aurais voulu ne pas faire. »