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170 M IT H R I D AT E »

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SCENE VI.

MITHRIDATE, MONIME.

MlTHMDATE.

iVl ADAME , enfin le Ciel près de vous me rappelle 5

Ec, fécondant , du moins, mes plus tendres fouhaits.

Vous rend à mon amour plus belle que jamais.

Je ne m'attendois pas que de notre h/menée

Je dufTe voir fi tard arriver la journée ;

Ni qu'en vous retrouvant, mon funefte retour

Fît voir mon infortune , & non pas mon amour,

C'eft pourtant cet amour, qui, de tant de retraites.

Ne m,e laiffe choifir que les lieux où vous êtes ;

Et les plus grands malheurs pourront mefemblerdoux.

Si ma préfencc ici n'en eft point un pour vous.

C'ell vous en dire aflez, fi vous voulez m'entendre.

Vous devez à ce jour , dès long-temps , vous attendre J

Et vous portez, Madame, un gage de ma foi.

Qui vous dit tous les jours que vous êtes à moi.

Allons donc allurer cette foi mutuelle.

Ma gloire , loin d'ici , vous Se moi nous appelle J

Et , fans perdre un moment pour ce noble deflein ,

Aujourd'hui votre époux , il faut partir demain.

M N I M E. Seigneur , vous pouvez tout. Ceux par qui je refpire Vous ont cédé fur moi leur fouverain empire ; Et , quand vous uferez de ce droit tout-puifTant , Je ne vous répondrai qu'en vous obéifTant.

MlTHRIDATE.

Ainfl , prête à fubir un joug qui vous opprime ," Vous n'allez à l'autel que comme une vid^imc ; Et moi , tyran d'un cœur qui fe refufe au mien , Même en vous poUédant , je ne vous devrai rieiu

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