Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/100

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charmans qu’elle n’en avoit encore observé ; et les voyageurs se livroient volontiers à ces jouissances presque idéales.

Les pauses et le silence qui avoient déjà interrompu les entretiens de Valancourt et d’Emilie, furent ce jour-là bien plus fréquens. Valancourt, de la plus expressive vivacité, tomboit dans un accès de langueur, et la mélancolie se peignoit sans dessein jusques dans son sourire. Emilie ne pouvoit plus s’y méprendre : son propre cœur partageoit le même sentiment.

Quand Saint-Aubert fut rafraîchi, ils continuèrent de marcher dans le bois, croyant toujours côtoyer la route ; mais ils s’apperçurent enfin, qu’ils l’avoient tout-à-fait perdue. Ils avoient suivi la pente où la beauté des sites les retenoit, et la route s’élevoit entièrement sur l’escarpement au-dessus d’eux. Valancourt appela Michel, mais l’écho seul répondit à ses cris, et ses efforts furent également vains pour retrouver la route. Dans cet état, ils apperçurent la cabane d’un berger placée entre des arbres, et encore à quelque distance. Valancourt y courut, pour demander quelque indication ; en arrivant, il ne vit que deux enfans qui jouoient sur le gazon. Il regarda jusqu’au fond de la maison, et ne vit per-