Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/102

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Saint-Aubert examinoit avec plaisir cette simplicité enfantine, quand tout-à-coup ce spectacle lui rappelant les enfans qu’il avoit perdus à cet âge, et sur-tout leur mère bien-aimée, il retomba dans la rêverie. Emilie qui s’en apperçut, commença un de ces airs touchans qu’il aimoit de préférence, et qu’elle savoit chanter avec le plus de grâce et d’expression. Saint-Aubert lui sourit au travers de ses larmes : il prit sa main, la serra tendrement, et tâcha de bannir ses mélancoliques réflexions.

Elle chantoit encore, lorsque Valancourt revint ; il ne voulut pas l’interrompre, et s’arrêta pour écouter. Quand elle eut fini, il approcha, et raconta qu’il avoit trouvé Michel, et même un chemin pour gravir le rocher. Saint-Aubert, à ces mots, en mesura des yeux l’étonnante hauteur ; il étoit déjà accablé, et la montée lui sembloit formidable. Ce parti, néanmoins, lui paroissant préférable à une route longue et toute rompue, il se résolut de l’essayer ; mais Emilie, toujours soigneuse, lui proposa de dîner d’abord pour rétablir un peu ses forces, et Valancourt retourna à la voiture, pour y chercher des provisions.

À son retour, il proposa de se placer un