Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/122

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lumière du jour, seront pour jamais interdites à mes regards ; bientôt la chanson du paysan, la voix consolante de l’homme, ne parviendront plus à mon oreille.

Les yeux d’Emilie sembloient lire tout ce qui se passoit dans l’esprit de son père : elle les attachoit sur son visage avec l’expression d’une tendre pitié. Oubliant alors les sujets d’un vain regret, il ne vit plus qu’elle, et l’horrible idée de laisser sa fille sans protecteur, changea sa peine en un véritable tourment ; il soupira profondément et garda le silence. Emilie comprit ce soupir, elle lui serra les mains avec tendresse, et se retourna vers la portière pour dissimuler ses larmes. Le soleil alors lançoit un dernier rayon sur la Méditerranée, dont les vagues paroissoient toutes d’or ; peu à peu les ombres du crépuscule s’étendirent ; une bande décolorée parut seule à l’occident et marqua le point où le soleil s’étoit perdu dans les vapeurs d’un soir d’automne. Un vent frais s’élevoit du rivage, Emilie baissa la glace ; mais la fraîcheur si agréable dans l’état de santé, étoit nécessaire pour un malade, et Saint-Aubert la pria de la relever. Son indisposition croissant, il étoit alors plus occupé que jamais de finir la marche du jour ; il arrêta Michel pour sa