Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/147

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


pour elle. Elle ouvrit sa fenêtre, regarda les bois, vit le soleil levant, respira l’air pur, et se sentit plus calme. Tout le paysage avoit cette fraîcheur qui semble apporter la santé. On n’entendoit que des sons doux, que des sons pittoresques, si l’on peut s’exprimer ainsi ; tels que la cloche d’un couvent lointain, le murmure des vagues, le chant des oiseaux, le mugissement du bétail, qu’elle voyoit cheminer lentement entre les buissons et les arbres.

Emilie entendit un mouvement dans la salle basse ; elle reconnut la voix de Michel qui parloit à ses mules, et sortoit avec elles d’une cabane voisine : elle sortit aussi, et trouva Saint-Aubert qui venoit lui-même de se lever, et que le sommeil n’avoit pas mieux rétabli qu’elle. Elle le conduisit de l’escalier dans la petite pièce où ils avoient soupé la veille. Ils y trouvèrent un déjeûner proprement servi, et leur hôte et sa fille, qui les attendoient pour leur souhaiter le bonjour.

Je vous envie cette chaumière, mes bons amis, dit Saint-Aubert en les voyant ; elle est si agréable, si paisible, si propre, et cet air qu’on respire ! Si quelque chose pouvoit rendre la santé, ce seroit bien sûrement cet air là.