Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/156

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


voir de vous : c’est que jamais, quelle que soit votre position, vous ne vendrez la Vallée. Saint-Aubert ajouta que, si elle se marioit, elle spécifieroit dans le contrat que le château, ne seroit jamais qu’à elle. Il lui parla ensuite de sa fortune avec plus de détail qu’il n’avoit encore fait. Les deux cents doublons, et le peu d’argent que vous trouverez dans ma bourse, sont tout le comptant que j’ai à vous laisser. Je vous ai dit en quel état j’étois à l’égard de M. Motteville à Paris. Ah ! mon enfant, je vous laisse pauvre, mais non pas dans la misère. Emilie ne pouvoit répliquer à rien ; à genoux près de son lit, elle baignoit de pleurs la main chérie qu’elle retenoit encore.

Après cette conversation, l’esprit de Saint-Aubert parut beaucoup plus calme ; mais, épuisé par l’effort qu’il avoit fait, il tomba dans l’assoupissement. Emilie continua de veiller et de pleurer près de lui, jusqu’à ce qu’un léger coup à la porte de la chambre, l’obligea de se relever. Voisin venoit dire qu’un confesseur du couvent voisin étoit en bas, prêt à assister Saint-Aubert. Emilie ne voulut pas qu’on réveillât son père, et fit prier le prêtre de ne pas quitter la