Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/158

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


des larmes quelquefois s’échappoient de ses paupières presque closes ; les sanglots d’Emilie interrompirent souvent le service.

Quand il fut fini, et qu’on eut administré l’extrême-onction, le Père se retira. Saint-Aubert fit un signe pour que Voisin s’approchât ; il lui donna sa main, et fut quelque temps en silence : à la fin, il lui dit d’une voix éteinte : Mon bon ami, notre connoissance a été courte, mais elle vous a suffi pour me développer votre bon cœur ; je ne doute pas que vous ne transportiez cette bienveillance à ma fille : quand je ne serai plus, elle en aura besoin. Je la confie à vos soins, dans le peu de jours qu’elle doit passer ici : je ne vous en dis pas davantage. Vous avez des enfans. Vous connoissez les sentimens d’un père ; les miens deviendroient bien pénibles, si j’avois moins de confiance en vous. Voisin l’assura, et ses larmes témoignoient toute sa sincérité, qu’il n’oublierait rien pour adoucir l’affliction d’Emilie, et que, si Saint-Aubert le desiroit, il la ramèneroit en Gascogne. Cette offre fut si agréable à Saint-Aubert, qu’il ne trouva point d’expression pour peindre sa reconnois-