Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/84

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


termina à attendre la guérison du malade. Valancourt parut chercher à l’en détourner, mais avec plus de politesse que de bonne-foi.

L’indisposition de Valancourt retint les voyageurs pendant plusieurs jours à Beaujeu. Saint-Aubert observa son caractère et ses talens, avec cette précaution philosophique qu’il portoit par-tout. Il reconnut un naturel franc et généreux, plein d’ardeur, susceptible de tout ce qui est grand et de tout ce qui est bon ; mais impétueux, mais presque sauvage et un peu romanesque. Valancourt connoissoit peu le monde. Ses idées étoient saines, ses sentimens justes, son indignation comme son estime s’exprimoient sans mesure ni ménagement. Saint-Aubert souriait de sa véhémence, mais la retenoit rarement, et se répétoit à lui-même : Ce jeune homme, sans doute, n’a jamais été à Paris. Un soupir succédoit à ces réflexions. Il étoit déterminé à ne point quitter Valancourt avant son rétablissement ; et comme il étoit alors en état de voyager, mais non pas de soutenir le cheval, Saint-Aubert l’invita à l’accompagner quelques jours dans sa voiture. Il avoit appris que ce jeune homme étoit d’une famille distinguée en Gascogne, dont le rang