Page:Rambosson - Histoire des Météores, 1883.djvu/303

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en-ciel, mais aussi beaucoup de phénomènes analogues ; nous regrettons de ne pouvoir développer ici la théorie de l’ingénieux météorologiste[1].

II.

La lumière de la lune peut de même produire un arc-en-ciel, surtout quand elle est pleine, et qu’elle brille de tout son éclat ; mais les couleurs en sont toujours pâles et fauves.

Ce phénomène, moins brillant que l’arc-en-ciel solaire, et beaucoup plus rare, est dû, comme lui, à la réfraction de la lumière. La lune empruntant son éclat du soleil, les rayons qu’elle nous envoie, affaiblis par la réflexion qu’ils ont éprouvée à sa surface, n’ont pas assez d’intensité pour produire nettement la séparation des couleurs ; et quand ils ont été réfractés par les globules de pluie, ils reviennent à l’œil confondus en un faisceau blanc.

L’arc-en-ciel lunaire offre pourtant quelquefois les mêmes couleurs que l’autre, mais elles sont toujours plus faibles, et ne se produisent d’ailleurs distinctement que quand la lune est pleine.

Aristote, qui dit avoir le premier remarqué l’arc-en-ciel lunaire, ajoute qu’on ne l’aperçoit que lors de la pleine lune ; c’est une assertion purement gratuite, et dont l’expérience a démontré la fausseté.

  1. Voir la Lumière, par John Tyndall ; Appendice sur l’arc-en-ciel, par l’abbé Raillard.