Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v2.djvu/76

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Histoire philosophique
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en le met en pièces, & on lui donne un fucceſſeur de ſa famille.

Ces peuples campent dans toutes les ſaiſons. Ils n'ont point de demeure fixe, & ils s'arrêtent par-tout où ils trouvent de l'eau, des fruits, des pâturages. Cette vie errante leur paroît pleine de délices ; & ils regardent les Arabes ſédentaires comme des eſclaves. Ils vivent du lait & de la chair de leurs troupeaux. Leurs habits, leurs tentes, leurs cordages, les tapis ſur leſquels ils couchent : tout ſe fait avec la laine de leurs brebis, avec le poil de leurs chèvres & de leurs chameaux. C'eſt l'occupation des femmes dans chaque famille ; & dans tout le défert il n'y eut jamais un ouvrier. Ce qu'ils conſomment de tabac, de café, de riz, de dattes, eſt payé par le beurre qu'ils portent fur la frontière, par plus de vingt mille chameaux, qu'ils vendent annuellement. Ces animaux, ſi utiles dans l'Orient, étoient conduits autrefois en Syrie. La plupart ont pris la route de la Perſe, depuis que les guerres continuelles y en ont multiplié le beloin &: diminué l'eſpèce.

Comme ces objets ne ſuffiſent pas aux