Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/208

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l’homme et la terre. — inde

gravure fit aussi de grands progrès sous l’influence occidentale : de nombreuses médailles en fournissent les preuves. Si le nom d’Alexandre le Macédonien n’est mentionné dans aucun document hindou, on cite d’autres personnages grecs des époques postérieures : d’abord un Alikasunari (Alexandre) de la cour d’un Séleucide, Antiochus, et un Ménandre, qui s’avança victorieusement d’un côté jusqu’à la Djamna, de l’autre jusqu’à la péninsule de Gudjerat. Le nom de Dattâmitra, un Demetrius, est également connu ; et le Mahâbhârata entre enfin dans l’histoire, en parlant de Turamaya, — Ptolémée, — le mathématicien et géographe qui tenta de fixer les formes précises du contour péninsulaire[1].

Légende de la Carte n° 247

Grâce à la multiplicité des royaumes hindous, des centaines de villes pourraient réclamer le titre de capitale, nous n’en citons que quelques-unes avec les périodes ou les personnalités qu’elles évoquent.

Hastinapura, dynastie lunaire ; Ayodhya (Audh), dynastie lunaire.
Delhi (Indraprastha), maintes fois capitale de l’Inde, de Yudichthira aux Mogols.
Benarès, capitale buddhique ; Rajagriha, siège du premier concile.
Patna (Pataliputra), capitale de Tchandra-Gupta ; Taxila, capitale d’Açoka.
Allahabad (Prayâga), confluent sacré ; Paithan (Pratichtana), bardvan (Vardhamâna), Udjein, capitales des premiers siècles de l’ère vulgaire.
Vijayanagar, Canoge (Kanudj) ; Gwalior, capitales au moyen âge.
Calicut, Goa rappellent les Portugais ; Pondicherry, les Français.
Djaipur, Haidarabad (et Golconde), Maisur sont des capitales récentes.
De nos jours, Bombay et Madras sont des sièges de gouverneurs, Calcutta est la capitale du vice-roi en hiver, Simla, la résidence d’été.
Lhassa, Srinagar, Khatmandu et Punakha sont les chefs-lieux respectifs du Tibet, du Kachmir, du Nepâl et du Bhutan.


Même au point de vue religieux, il y eut un certain échange d’idées, ainsi qu’en témoigne un passage du Mahâbhârata (18e livre), introduit, d’après Weber, il y a seize siècles environ, dans le grand poème indien. Ce récit raconte la légende d’un pèlerin brahmane qui se serait dirigé vers le pays des « Hommes Blancs », où se trouve une cité dans laquelle on reconnaît Alexandrie, et y aurait été initié aux mystères du culte de Krichna, tel qu’on le pratiquait dans ce pays lointain.

Il y eut certainement des infiltrations entre les cultes buddhique et catholique, mais il n’existe pas d’analogie, comme divers l’ont prétendu, entre le nom de Christos et celui de Krichna, l’incarnation de Vichnu, dont le culte se propagea dans l’Inde, il y a quinze cents ans environ.

  1. A. Weber, Indische Skizzen, p. 96.