Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/295

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mélange des romains et des barbares

Pendant cette période critique de l’histoire romaine, la tendance du grand corps œcuménique de l’empire à se diviser
palmyre.
mausolée entièrement garni de sarcophages.
administrativement et politiquement en ses deux moitiés naturelles, l’Orient et l’Occident, devenait de plus en plus impérieuse ; le schisme s’était déjà préparé avant la fin de la République, mais à cette époque, la croyance quasi religieuse en la gloire toujours croissante de Rome et la ferveur d’un impérialisme naissant avaient masqué le contraste ; chaque territoire géographique reprenant pourtant peu à peu conscience de son individualité, la fusion devenait de plus en plus difficile entre les éléments divers, et la rupture était inévitable. Il était à craindre que le déchirement se fît à l’avantage de quelque puissance non romaine, comme celle des Arméniens ou des Perses qui menaçaient les frontières orientales, mais le danger se produisit tout à coup en deçà des limites, à moitié chemin du fleuve Euphrate et de la Méditerranée : on vit avec surprise un simple lieu de marché, Tadmor, ou la