Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/359

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descente des francs en gaule

du tout « Hommes libres », comme le faux patriotisme de certains écrivains français l’a fait entendre : dans les documents originaux, frek, frak, frank, vrang, selon les différents dialectes, répond au mot latin ferox, dont il a tous les sens, favorables et défavorables, « fier, intrépide, orgueilleux, cruel ».


guerrier franc
Derrière les peuples germains qui pesaient sur la frontière du monde romain ou qui même l’avaient franchie déjà, Ostrogoths et Visigoths, Suèdes et Vandales, Burgondes, Alemannen et Francs, se pressaient d’autres peuples, avides de se précipiter à la curée : tels les Langobarden ou Lombards, les « Longues barbes » ou « Longues haches », qui devaient, durant le siècle suivant, prendre une grosse part au partage de ce qui fut l’empire : mais à l’époque d’Attila, ils vivaient encore vers les sources de l’Oder, séparés par montagnes et forêts de l’ancien monde œcuménique. Quant aux tribus germaines qui occupaient les bords de la mer, elles s’ébranlaient pour aller conquérir des territoires nouveaux par delà les flots. Les Jutes, qui habitaient la péninsule nommée indifféremment Jylland ou Jutland, les Angles, occupant le sud de la presqu’île entre la Trave, l’Eider et l’Elbe, les Saxons, plus puissants, qui dominaient le vaste territoire situé à l’ouest et au sud-ouest, entre la mer et les premières montagnes, toutes ces tribus, à la fois agricoles, pastorales, maritimes, prenaient part à la grande conquête par terre et par mer. Les flottilles de pirates saxons