Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/380

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l’homme et la terre. — barbares

industrielle des derniers siècles appartiennent à l’une ou l’autre des deux séries (Ghisholm).

On a souvent discuté sur le degré d’influence que les institutions
Cl. Giraudon
hache celtique en bronze trouvée
en angleterre
romaines eurent sur l’Angleterre du moyen âge. Quelques auteurs, Seebohm en particulier, considèrent cette influence comme ayant été d’importance capitale : d’autres au contraire pensent que le puissant génie romain n’eut pas le temps nécessaire pour laisser son empreinte définitive sur un peuple de caractère original, troublé par tant d’événements meurtriers, et que transformèrent tant d’invasions par des langues, des modes de penser et des institutions diverses : Saxons et Angles, Danois et Norvégiens durent certainement changer le moule intellectuel et moral de la population tout entière et diminuer d’autant la force primitive qu’avait exercée la loi romaine pendant ses quelques siècles de durée. Toutefois, il n’est pas douteux que certains changements opérés dans le monde britannique par la domination romaine prirent un caractère constant en dépit des invasions et des guerres qui suivirent. C’est au séjour des légions que la cité de Londres dut d’être traitée par les envahisseurs saxons en une sorte de république alliée plutôt qu’en une ville conquise. La lex mercatoria de Londinium ne parait pas avoir jamais disparu, et ses institutions municipales ne prirent point un caractère saxon. On signale même une pratique judiciaire qui serait absolument inexplicable si l’on y voyait autre chose qu’une survivance romaine : chaque « sergent de loi »