Page:Reclus - L’Homme et la Terre, tome 1, Librairie Universelle, 1905.djvu/386

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l’homme et la terre. — iranie

maintenant les termes Bakhtyari, Bactriane et la famille des Bak pénétrant en Chine, mais les inscriptions des conquérants mentionnent rarement ces habitants des hautes cluses qui ne recherchaient pas la vie plus facile des plaines, et qu’épargnaient aussi les horreurs de la guerre. Les annales des grands empires, élamite, babylonien, assyrien, mède, perse, ignorent ces résidus humains vivant à l’abri de la gloire.

A part ces populations et quelques autres moins considérables, auxquelles le relief de la contrée permet de se maintenir dans un isolement relatif, les habitants des hautes terres iraniennes devaient, par la facilité des contacts et des croisements, s’unir sans peine en un seul corps de nation. Mais cette unité politique correspondant à l’unité géographique du plateau n’implique nullement l’unité de races parmi les éléments ethniques venus spontanément ou amenés des régions diverses du pourtour. Au contraire, ces éléments présentaient originairement de très grands contrastes, et il ne pouvait en être autrement puisque les contrées avoisinantes diffèrent beaucoup par le sol et le climat ; montagnes de l’Arménie et plaines basses de la Chaldée, vallées arides du Mekran et rivages brûlés du golfe Persique, régions sablonneuses où coule l’Oxus et steppes de la Caspienne, autant de pays à natures opposées ayant pour habitants ici des agriculteurs, là des nomades, ailleurs des pillards, gens les plus divers par le langage, les traditions et les mœurs, nègres et Sémites, Aryens et Touraniens.

Mais ces habitants de toute provenance, que les événements complexes de l’humanité ont fait se rencontrer sur le plateau de l’Iranie occidentale, y ont subi une transformation plus ou moins rapide de leur nature première, et toute la masse humaine formée de ces éléments divers a été repétrie en une pâte nouvelle. Les montagnards descendus des hautes vallées neigeuses, les riverains montés du littoral aride et brûlant se sont, les uns et les autres, mais en sens inverse, accommodés au climat, nouveau pour eux, de ces terres baignées dans un air léger.

En son entier, la Perse se trouve comprise dans la zone dite tempérée, quoique certaines parties de ses côtes, le long des mers indiennes, doivent une température brûlante à la direction des vents, au manque de pluies et à leur exposition aux ardeurs du midi. D’a-