Page:Recueil de l'Académie des jeux floraux 1818.djvu/17

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vij

LA VEILLÉE DU POËTE,
Poëme,
QUI A CONCOURU POUR LE PRIX ;
Par M. Charles RAISON fils, de Paris.


Pour moi le Dieu du jour n’est plus le Dieu des vers.
(Delille.) Imag.on, ch. iv.


Salut, calme des nuits, féconde obscurité,
Où, loin du tourbillon de la frivolité,
Mon âme, au sein du bruit trop long-temps prisonnière,
S’élance libre enfin et se possède entière ;
Heures de la pensée, ô précieux instants
Ajoutés à la vie et conquis sur le temps,
Salut ! salut aussi, majestueux silence
Dont mon oreille avide écoute l’éloquence.
Tandis qu’au sein du luxe et de la volupté,
Etalant les ennuis de leur oisiveté,
D’autres, des vains plaisirs poursuivent la folie.
Parasites brillants au festin de la vie ;
Venez, entourez-moi, poëtes immortels,
Venez m’associer à vos chants solennels ;
Et toi, feu créateur, toi, puissante harmonie,
Faites-moi partager les transports du génie.
Muse du Sinaï, d’Oreb et du Thabor,
Descends avec Milton, et sur ta lyre d’or.
Par tes accents divins enchante mes oreiller ;
De la création étale les merveilles,