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iv
prospectus-spécimen

greffier. Les débris que la Bibliothèque impériale en possède, dans six à sept fonds différents, sont encore assez considérables pour frapper d’étonnement les savants qui les consultent et suffiraient pour justifier le glorieux titre de Père de l’Histoire de France que la postérité a décerné à André Du Chesne.

En acquérant une partie des manuscrits de cet infatigable compilateur, Colbert s’était proposé de faire continuer la publication des Scriptores, abandonnée depuis vingt-cinq ans. Il soumit cette idée, en 1676, à plusieurs des critiques qui ont fait la gloire du siècle de Louis XIV, au Père Le Cointe, à Wion d’Hérouval, à Adrien de Valois, à Baluze, à Du Cange. Ce dernier proposa un plan qui ne fut point agréé ; la division se mit au sein de la commission instituée par le ministre, et le projet fut abandonné.

Il fut repris quelques années plus tard par Le Tellier, archevêque de Reims, qui comptait sur l’appui du marquis de Louvois, son frère. Du Cange rédigea, en latin, un nouveau programme, auquel il joignit deux mémoires français : dans l’un, il posait les questions à résoudre avant d’adopter le plan définitif ; dans l’autre, il traçait la voie qui lui semblait la meilleure pour conduire au but.

Le fait important qui ressort des mémoires de Du Cange, c’est que, dans le plan de l’archevêque de Reims, la publication des historiens devait être principalement confiée aux religieux de la Congrégation de Saint-Maur. On dit même que la direction en fut offerte à Mabillon, qui trouva l’œuvre au-dessus de ses forces. Toujours est-il certain que, cette fois encore, le projet ne reçut aucun commencement d’exécution. Mais tôt ou tard les membres de la Congrégation de Saint-Maur devaient répondre à l’appel qu’on avait fait à leur science et à leur dévouement.

Sur la fin du règne de Louis XIV, dom Edmond Martène et un religieux moins célèbre, qui a cependant des droits à notre estime, dom Maur Audren de Kerdrel, préparèrent chacun de leur côté la publication du Recueil des historiens français. Dom Maur Audren fit part de ses idées à d’Aguesseau, alors procureur-général. Quand ce magistrat fut devenu garde des sceaux, il se rappela le bénédictin breton et lui fit demander de nouveaux renseignements. Dom Maur Audren proposa de mettre Montfaucon à la tête de l’entreprise, et offrit de résigner son titre d’abbé de Saint-Vincent du Mans pour venir à Paris travailler sous les ordres de son ami. Des auxiliaires auraient été choisis dans toutes les provinces ; on eût mis à leur disposition des artistes pour dessiner les anciens monuments.

Malgré les instances de son ami, Montfaucon ne fut point chargé de la publication des Historiens. Toutefois, il remplit un chapitre du programme de Du Cange en donnant au public les Monuments de la monarchie française.

Mais, si la proposition de dom Maur Audren ne fut pas accueillie, les questions qu’il avait soulevées furent longuement débattues, en 1717, dans les conférences que présida le chancelier et auxquelles prirent part Baluze, l’abbé Renaudot, Laurière et le Père Lelong. Un rapport très-remarquable fut rédigé par l’abbé Des Thuilleries, et dom Martène fut chargé de dresser un plan.

Peu après ces conférences, le chancelier confia au Père Lelong la préparation du Recueil des historiens.

À la mort du savant oratorien, survenue en 1721, dom Denys de Sainte-Marthe