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LOUIS XII — RICHELIEU P. M.


N° 553. — Traité entre Gaston, duc d’Orléans, et le roi d’Espagne[1].

Madrid, 13 mars 1642, ratifié par Gaston le 29 août. ( Rec. des traités, III, 452.)

N° 554. — Edit sur l'établissement de la compagnie des Indes de l’Amérique[2].

Narbonne, mars 1642 ; reg. au grand conseil, le 28 mai. (Code de la Martinique, tom. 1er. — Constitutions coloniales par Moreau de Saint-Méry, 1, 51.)

Quelques uns de nos sujets expérimentés aux navigations éloignées, et portés d’un louable désir de former des colounies de François dans les Indes occidentales, ayant reconnu qu’en plusieurs îles et côtes de l’Amérique, on pouvait établir un commerce suffisant à l’entretien de quelques peuplades, auroient dès l’année 1626 pris commission de notre très cher et très amé cousin le cardinal de Richelieu, grand maître, chef et surintendant général de la navigation et commerce de France, pour peupler et habiter sous notre autorité, l’île de Saint-Christophe et autres circonvoisines ; à quoi ayant travaillé avec un médiocre succès en ladite île de Saint-Christophe à cause des pertes et dépenses qu’ils auroient faites, ne pouvant contjnuer leur dessein avec l’espérance d’un notable progrès, s’ils n’étoient secourus, se seroient retirés pardevers notredit cousin qui auroit accordé de nouveaux privilèges et de plus grandes concessions à la société

  1. Ce traité qui avait pour objet d’abattre la puissance despotique de Richelieu avait été arrêté dans le conseil de la reine, Anne d’Autriche, entre Cinq-Mars, grand écuyer de France, les ducs d’Orléans et de Bouillon. De Thou, ami intime du grand écuyer, consentait bien à concourir à la ruine du cardinal, mais il voulait que l’affaire se vidât entre Français, et quand une alliance avec l’Espagne fut proposée comme condition obligée de l’entreprise, il déclara qu’il ne consentirait jamais à des conditions de cette nature et ne se rencontrerait même pas en un lieu où elles pussent être proposées. Gaston différa si long-temps la signature du traité de Madrid que Fontrailles lui avait apporté que le voile qui le couvrait fut bientôt percé. Une copie en tomba entre les mains de Richelieu : ce ministre presque disgracié par la haute faveur de Cinq-Mars, son rival et son ennemi, reprit toute sa faveur, et Louis signa en pleurant l’ordre d’arrêter Cinq-Mars et de Thou. V. ci-après, 12 septembre, l’arrêt de condamnation.
  2. V. ci-devant déclaration du 2 juillet 1615, lettres patentes d’octobre 1626, édit de 1628, déclaration du 17 novembre 1629, 25 novembre 1634, articles accordés à la compagnie des Indes le 12 février 1635 et les notes.