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LE MITHRAÏSME

16. Le mithraïsme nous est surtout connu par des monuments figurés qui en laissent entrevoir les mythes et les mystères. Au sommet de la hiérarchie divine est le Temps infini, identifié au Kronos grec, qu’on représente par des figures ailées à tête de lion, tenant les deux clefs du ciel et entourées des replis d’un serpent. Le fils du Temps est Ormazd (Ahura Mazda), assimilé à Zeus et nommé Cœlus par les Romains. Le génie malfaisant, Ahriman, devient Arimanius dans les inscriptions latines ; on l’identifie à Pluton. Le lion est le symbole du feu sacré ; le serpent, celui de la terre ; le cratère ou vase, celui de l’eau. Mithra naît d’un rocher ; il en fait jaillir une source en le frappant d’une flèche, conclut une alliance avec le Soleil et entre en lutte contre un taureau qu’il dompte et qu’il sacrifie. Cette dernière scène est souvent représentée au fond des temples souterrains ou cavernes de Mithra ; un chien et un serpent lèchent le sang qui sort de la blessure du taureau. Une tradition perse veut que tous les êtres vivants soient nés du sang du taureau sacré qu’immole Mithra. Non seulement Mithra est le créateur, mais il est le médiateur entre le dieu suprême et les hommes, le vainqueur du mal, le sauveur des âmes. L’initiation aux mystères mithriaques assurait le bonheur sur terre et le salut posthume. Les initiés (sacrati) s’appelaient, suivant leur rang hiérarchique, corbeaux, lions, etc. ; le grade le plus élevé était celui de père et ils se désignaient entre eux sous le nom de frères. Tertullien (vers 200) appelle sacrements les cérémonies d’initiation mithriaque, qui comportaient un baptême, une purification par le miel, l’usage d’eau, de pain et de vin