Page:Remy - Les ceux de chez nous, vol 12, Batte les coqs, 1916.djvu/11

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

piquer. Et il tient son bec tout près de terre, pendant que le gris, qui a vu ça, fait la même chose. Les deux becs sont ensemble, et ils les relèvent et les rabaissent en même temps, plusieurs fois, en faisant des yeux pleins de colère. Et puis, le Flori saute en l’air et jette ses pattes en avant en les refermant pour tâcher d’attraper le Gris avec ses sporons pointus. Mais le Gris avait deviné ça, il se rabaisse, les sporons passent au-dessus, tandis que lui, il donne un gros coup de bec dans le cou du Flori qui retombait. On voit du sang qui coule dans les belles plumes en collier. Mais le Flori ne le sent pas et voilà que tous les deux mettent encore leurs becs tout près en les levant, puis les baissant, puis tâchant de stichî dans l’œil et la tête. On leur a d’avance coupé la crête et la barbe de viande pour qu’ils ne s’attrapent pas là, mais ils essaient tout de même et le Gris reçoit un coup, klok, sur sa tête que les osses craquent et qu’il saigne à grosses gouttes. Puis ils sautent tous les deux ensemble et leurs pattes se mêlent, on voit les sporons qui entrent dans le corps des deux et les plumes volent comme quand on raccommode les matelas. J’ai tellement bon et les hommes crient pour donner du courage aux coqs et pour parier beaucoup de cennes dessus.

Tchôque, maque, mi p’tit Gris, crie Blaise à son coq.

Hallait, Flori, tchesse-li l’ gueuye è terre, que Bolleux répond.

Co n’pèce so l’Gris, dit Lodomé, qui regarde en avançant sa tête tant qu’il peut.

Deux pèces so Flori, dit M. le bourgue-