Page:Remy - Les ceux de chez nous, vol 12, Batte les coqs, 1916.djvu/8

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gras, comme un jour que j’avais voulu manger, pour savoir, la pommade rose que mon oncle a dans une petite boîte de bois qu’il met pour faire racroler ses lochettes au-dessus de ses oreilles. Et le croquet, il est dur, et le petit coin que j’ai hagné bas, troule dans mes dents comme du sable, avec un goût de vieux. Je vide le verre à terre où il y a déjà un grand potay et des rèchons, et le croquet je le pousse dans ma poche pour le jeter derrière moi, sur la route, plus tard.

Ahà vo Z’chai, enfin ! Djan don ! on n’ rattindez-ve pu qu’vo po k’minci, mayeûr ! que les hommes crient à un gros monsieur qui arrive avec un beau chapeau, un grand paletot comme il faut et une rouge figure avec deux demi-favoris gris à ses joues, comme pour l’empoigner plus facilement par là. Il a une belle chaîne de montre en or sur son gilet en vroul brun.

— Bonjour, bonjour, mes enfants. On vient quand on peut. Les affaires publiques à traiter, le souci des intérêts de notre belle commune...

Attakang ! crie quelqu’un, et on voit le houlé Lovinfosse qui fait le maître, traverse tout le temps, avec sa mauvaise jambe qui fait un numéro 4 avec l’autre, et explique tout avec le tuilleau de sa grosse pipe. — C’est co lu qui fait Z’homme di paille, èdon, demande Vix-Jean à un homme.

Awet, comme todi. On li r’mette treus pèces po çoula, et co n’saquoè d’vin l'cas qui...

Po les risses, paret.

On se pousse maintenant vers une autre place, là sans doute que le fermier dort,