Page:Remy - Les ceux de chez nous, vol 5, Quelle bonne sirope, 1916.djvu/12

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une poule qui est si bête qu’elle vole en l’air un moment, puis retombe juste dans les linges et traverse tout en faisant des grandes ascoheyes comme un maradeur qui se sauve. Elle a laissé des pattes dans tout et encore autre chose, tellement qu’elle a peur ; et Trinette crie Makralle ! après, et lui jette l’arrosoir, tandis que la poule court encore plus vite en regardant sur le côté. Moi, je m’ai accropou et je maque sur mes genoux, parce que je rie qu’assotihe.

Puis Trinette se remet à étendre les linges ; elle arrange très bien des gâmettes qu’elle fait les cowettes bien plates en les faisant glisser entre ses doigts.

Trinette, que je dis, tout d’un coup, moi, je pense que les riches gens ont toujours bien bon.

Surmint n’è donc qu’on z’a bon dè viquer qwand c’est qu’on z’a po fer.

Parce qu’alors ils peuvent manger de la sirope tant qu’ils veulent.

Taisse-tu, bouhalle, ils sont bin pu glots qu’çoula. C’est dè peus d’souk qu’ils loffet ; et dè bouyon d’poye ; et del ronde tâte al djaleye avou dè café al canelle, et tote sôres di bonnes affaires qui no n’kinohans nin.

Mais moi, d’abord, si je serais riche, j’aurais de la sirope au matin et au soir aussi.