Page:Remy - Les ceux de chez nous, vol 9, J'écris une belle lettre, 1916.djvu/6

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dessous, et pas des pieds, comme un blockai. Je regardais les images qui passent dans l’orgue entre les carrés de toile rouge, et je tenais mon poing serré bien fort où que j’avais mes cennes, mais l’homme regardait après mon poing après que je lui avais donné une cenne, pour savoir si j’en avais encore. Après la dernière cenne je l’ai encore laissé jouer, bien longtemps, et comme c’étaient les mêmes images qui revenaient, j’ai couru envoye tout d’un coup. Et l’homme a arrêté au milieu d’un air et est parti avec son orgue sur son ventre, en jurant aux noms… toute oute, pour un jour de dimanche !

Maintenant, c’est l’après-midi, et mon oncle et ma tante sont partis avec leurs plus beaux costumes et leurs meilleures affaires pour aller jouer aux cartes (à match) chez le vieux M. Lamburquin, un vieux riche homme qu’a pour faire, et reste dans le quartier de maître de la cinse Mayeur. Moi, on ne me prend plus avec, parce qu’une fois le vieux monsieur m’avait dit de lui dire ce que ma tante avait dans son jeu, pour frawtigner, et moi j’avais regardé les cartes, puis j’avais été lui dire dans son oreille : « elle a trois hasses », mais ma tante l’a entendu et m’a defoutriqué devant tout le monde, et donné des coups de parapluie sur la route en revenant. Alors on ne me prend plus avec. Et j’ai resté tout seul avec Trinette qui renettoie les sales assiettes du dîner.

Trinette, que je dis, je m’embête que pour assoti.