Page:René de Pont-Jest - La Duchesse Claude.djvu/107

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— Peste ! tu la connais bien !

— Depuis près de douze ans. Elle n’a jamais quitté le couvent où elle est entrée toute jeune !

— Ni père, ni mère, ni famille ?

— Sauf pour toi et moi, elle sera sans parents.

— Ah ! j’entrevois la tache originelle !

— Il y en a une, c’est certain, mais que personne ne pourra découvrir.

— Tu ne veux pas m’en dire davantage ?

— Pas avant que tu n’aies fait le serment en question. Que t’importe de prendre l’engagement que je dois exiger de toi, non parce qu’on me l’a demandé, mais parce que ma conscience me le commande.

– Ta conscience ?

— Oui, ma conscience. Alors que cette jeune était était enfant, mon père lui a sauvé la vie. Je serais plus que blâmable si j’abusais aujourd’hui de la confiance qu’on a en moi pour faire son malheur !

— C’est admirable, mais un peu mystérieux !

— Si l’affaire ne te convient pas, tu seras libre de la refuser.

— Et je priverais les malades de tes soins ! Allons, soit ! Je te donne ma parole que si j’épouse ta protégée, je serai un époux modèle.

— Cela te sera facile, tu adoreras ta femme, pour peu que tu ne sois pas le plus blasé des hommes. Ainsi, c’est entendu ?

— C’est juré !

— Sur l’honneur ?

— Sur l’honneur !

— Eh bien ! voici mon roman, car c’en est vraiment un !