Page:René de Pont-Jest - Le Fire-Fly.djvu/329

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


pointage, il n’en est pas question, c’est à la grâce de Dieu ! Et comme Dieu, à ce qu’il paraît, se soucie fort peu de l’artillerie chinoise, les boulets vont tout autre part qu’à leur destination.

Pour les murailles des forts, ce sont le plus souvent des enceintes de cinq ou six pieds de haut qui grimpent en grimaçant des zig-zags le long des collines, parfois jusqu’aux sommets, et qui ressemblent à s’y méprendre à ces murs non cimentés dont on entoure dans nos campagnes les vergers ou les vignes, uniquement pour que les pillards tombent sous l’application du Code pénal pour délit d’escalade ou bris de clôture.

Le soir de notre départ de Macao, nous laissâmes tomber l’ancre à peu de distance de la pointe Vyner. Le courant était trop violent pour que nous pussions, de nuit, continuer à remonter le fleuve.

Le lendemain, aux premières lueurs du jour, une jolie brise du sud-est chassait le Fire-Fly dans le haut du Si-Kiang, et lui faisait rapidement dépasser la pagode et le fort de la seconde barre et la pointe Ladrone.

J’étais appuyé sur le garde-corps de l’arrière et je suivais avec curiosité les découpures du rivage, en faisant cette réflexion que, dans un parcours d’une vingtaine de lieues, j’avais déjà vu plusieurs fois ce mot ladrone employé, lorsque j’entendis sir John qui m’appelait.

Je me retournai. Il avait une grande lettre à la main.