Page:René de Pont-Jest - Le Fire-Fly.djvu/363

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factoreries, il nous resterait au moins la possibilité d’une retraite par eau.

Tout cela bien convenu, Fo-hop nous ayant rejoint après le dîner, Canon et moi, le cigare aux lèvres, nous nous mîmes on route avec lui, en nous efforçant d’avoir l’air de fort honnêtes gens se promenant le plus innocemment du monde.

Nous remontâmes d’abord Hog lane, puis, prenant à droite, nous nous trouvâmes immédiatement en face de la porte Chuhlun et de la muraille d’enceinte de la ville chinoise. Je m’attendais à trouver quelque gigantesque fortification crénelée et casematée ; hélas ! je n’avais devant moi qu’un mur de sable et de briques d’une trentaine de pieds de hauteur, et défendu par un large fossé d’eau courante, qui fait le tour de la ville, bien mieux que par les quelques canons couchés sur son sommet. Je dis couchés, car j’aperçus quelques-unes de ces pièces à feu qui n’avaient même pas d’affûts. Il eût fallu pour être blessé par leurs boulets commencer par se hisser jusqu’à leur hauteur. Auprès d’elles, cependant, se promenaient gravement, non pas des artilleurs, — fi donc ! qu’auraient-ils fait là ? — mais des soldats impériaux armés d’arcs et de flèches.

Canton, que les cartes indigènes désignent sous le nom de Kwantong-Sang-Tsching, capitale de la province de Kwantong, et que les habitants nomment, eux, tout simplement Sang-Tsching, ville provinciale, n’est pas aussi étendu qu’on le croit générale-