Page:René de Pont-Jest - Le Serment d’Éva.djvu/108

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sortir de chez lui et y recevoir sans être obligé de descendre, pour passer par son atelier.

C’est cette porte que l’excellente voisine avait si souvent franchie pour venir soigner son jeune ami à l’époque où il avait été gravement malade, et c’est également par là que passait Gilbert quand il allait rendre visite à Mme Bertin, dont l’appartement avait deux sorties sur le même palier.

L’une de ces sorties donnait dans l’antichambre. Par l’autre, on entrait directement dans la pièce dont l’ancien universitaire avait fait jadis son cabinet de travail, sa bibliothèque et son salon de réception, ce qui lui permettait d’aller, venir, recevoir et congédier ses visiteurs sans que la vieille Catherine, l’unique servante du ménage, fût obligée de se déranger.

Après la mort de son mari, la veuve avait laissé respectueusement les choses telles qu’elles étaient de son vivant. Elle s’était contentée de fermer la porte au verrou, à l’intérieur, puisqu’elle ne devait plus servir à personne, et lorsque ses nièces avaient été chassées de la rue de Lille par la ruine de leur père, elle les avait installées dans cette pièce de l’oncle défunt.

C’était encore là qu’habitait Éva avec son fils, ne recevant personne, ne sortant que pour se rendre chez Me Mansart ou se promener un peu au Luxembourg avec son enfant, porté par sa domestique, une jeune Bretonne fraîchement débarquée de Morlaix et que Mme Bertin avait engagée pour le service